Un conte Soufi

Mis à jour : juin 9

Aujourd'hui j'ai envie de partager un conte Soufi. Cela fait trois fois que je le lis dans trois livres différents et il illustre très bien le pouvoir de notre pensée.

Alors, il était une fois,

Un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s’approcha et lui demanda : Je ne suis jamais venu ici : comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? Le vieil homme lui répondit par une question : Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? — Egoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme. Et le vieillard de répondre : Tu trouveras les mêmes gens ici.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question. — Je viens d’arriver dans la région ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? — Dis-moi mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? — Ils étaient bons et accueillants, honnêtes : j’y avais de bons amis ; j’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme. — Tu trouveras les mêmes ici répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux à côté avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme s’éloigna, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche : Comment peux-tu donner deux réponses aussi différentes à la même question posée par deux personnes ? — Mon fils, dit le vieil homme, chacun porte son univers dans son cœur. Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres."


Quel univers désirez-vous porter dans votre coeur?


Quelle est votre conception du monde? Et comment pourriez-vous la faire évoluer pour que cela corresponde à ce que vous désirez d'une manière honnête et réalisable?

Souvenez-vous :

Ce que je pense influence la vision que j'ai du monde.

"Toute relation est un merveilleux enseignement

Je ne peux appréhender des autres, de l’extérieur, que ce que j’ai compris de moi.

Il est par exemple difficile de ressentir la terreur d’une personne qui a vécu la guerre et la torture alors que je vis dans un pays en paix et en harmonie avec ma famille.

En réalité, je ne peux pas faire l’expérience physique de chaque être. Je peux par empathie ressentir ses émotions, appréhender ses pensées, mais je ne peux vivre l’entièreté de qui il est. Je peux le toucher, le goûter, le sentir. Mais je ne peux être dans son esprit.

Je pense les autres, je ne les vis pas. Ce que je vois des autres n’est en réalité que le reflet de mes propres pensées : les pensées que j’ai choisies d’adopter sur eux.

Ainsi ce que je vois, sens ou pense des autres a bien plus à voir avec qui je suis qu’avec la réalité de l’autre.

Et l’inverse est totalement vrai : je représente une pensée pour les autres. La pensée qu’ils ont de moi, n’est qu’une pensée qui se base sur qui ils sont, leur niveau de maturité et leur état au moment où ils me rencontrent.

Ce que je vois, vis, entends, ressens de l’extérieur n’est que le reflet de mon propre intérieur. Ce que je suis à l’intérieur, je le rencontre à l’extérieur de moi. Ainsi ce que je pense du monde est ma création et le reflet de ce que je suis à l’intérieur.

Tout me parle de moi, même ce que je pense des autres. Je peux donc apprendre à voir l’extérieur comme un miroir qui reflète ma propre réalité. Apprendre à me voir dans ce miroir est une belle porte à ouvrir pour mieux me connaître et m’ouvrir à ma plénitude d’être.

Mes relations avec les autres traduisent tout simplement la relation que j’entretiens avec moi-même."

Extrait de mon livre les 7 portes de mon être, chapitre 5 La porte des relations.