La communication énergétique : ce qui se joue dans une relation au-delà des mots
Il arrive que nous entrions dans une pièce et que nous sentions immédiatement que quelque chose ne va pas.
Personne n’a encore parlé.
Ou qu’au contraire, nous nous sentions bien avec quelqu’un presque instantanément.
Notre respiration s’ouvre.Notre corps se détend.Nous avons envie de rester.
Et parfois, c’est l’inverse : quelque chose se resserre, nous devenons plus vigilants, nous avons envie de nous éloigner légèrement sans savoir encore pourquoi.
Puis le mental arrive et cherche une explication.
Qu’est-ce que j’ai ressenti ?
Est-ce que je me fais des idées ?
Pourquoi cette personne me met-elle mal à l’aise ?
C’est dans cet espace, avant ou au-delà des mots, que je situe ce que j’appelle la communication énergétique.
Elle ne remplace ni les paroles, ni les gestes, ni les expressions du visage.
Elle désigne plutôt cette dimension subtile de la relation dans laquelle nous percevons, nous nous ajustons, nous nous ouvrons ou nous nous protégeons parfois avant même d’en avoir conscience.
Nous ne sommes pas les mêmes selon la personne qui est devant nous
Observez simplement ce qui se passe lorsque vous êtes avec différentes personnes.
Avec certaines, vous vous sentez immédiatement plus calme.
Avec d’autres, vous parlez davantage.
Vous pouvez vous sentir plus vivant, plus libre, plus drôle.
Ou au contraire plus tendu, plus petit, plus prudent.
La personne qui se trouve devant vous n’a parfois encore rien fait de particulier.
Et pourtant, quelque chose en vous s’est déjà ajusté.
C’est cela qui m’intéresse dans la communication énergétique : ce que la relation produit en nous et ce que notre propre présence produit chez l’autre.
Au début d’une relation amoureuse, par exemple, il arrive que deux personnes vivent une très forte sensation de proximité.
Elles pensent au même moment à la même chose, terminent parfois les phrases l’une de l’autre, ont envie des mêmes choses.
On pourrait parler de synchronisation, de grande proximité émotionnelle ou de résonance.
Dans mon propre langage, j’appelle cela être en énergie connectée : le lien prend beaucoup de place et les deux personnes semblent fonctionner momentanément dans un espace commun.
À d’autres moments, nous sommes davantage dans ce que j’appelle notre énergie personnelle : nous restons très clairement dans notre propre rythme, nos perceptions, notre espace.
L’une n’est pas meilleure que l’autre.
La question est plutôt de savoir ce qui se passe et de pouvoir choisir davantage la manière dont nous entrons en relation.
Une randonnée qui ne fonctionnait pas
Il y a quelques années, je suis partie en vacances avec une amie. Nous aimions toutes les deux marcher et nous avions l’habitude de randonner.
Pourtant, dès le début d’une promenade, quelque chose était laborieux. Nous n’arrivions pas à trouver un rythme commun.
Si je m’adaptais à elle, je m’essoufflais.Si elle s’adaptait à moi, c’était elle qui n’était plus bien.
Au bout d’un moment, je lui ai dit :
« Écoute, quelque chose ne fonctionne pas. Nous ne sommes pas du tout en harmonie. On s’arrête deux minutes ? »
Nous nous sommes arrêtées dans un pré.
Je suis d’abord revenue à moi, à mon corps, à ma propre présence. Puis j’ai pris le temps de sentir mon amie, de l’accueillir intérieurement, sans chercher à la modifier. Elle a fait la même chose de son côté.
Quelques minutes plus tard, nous avons repris notre marche.
Et quelque chose avait changé.
Nous ne cherchions plus à régler consciemment notre allure. Pourtant, notre rythme s’était accordé.
Cette expérience m’est restée parce qu’elle dit quelque chose d’essentiel de mon travail aujourd’hui :
la qualité d’une relation ne dépend pas seulement de ce que nous disons. Elle dépend aussi de la manière dont nous sommes présents.
Le corps perçoit souvent avant que nous ayons compris
Nous avons tendance à chercher immédiatement à comprendre une relation avec notre mental.
Pourquoi a-t-il dit cela ?
Qu’est-ce qu’elle pense de moi ?
Est-ce que je dois lui faire confiance ?
Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ?
Mais avant cette analyse, le corps a parfois déjà réagi.
La respiration change.
Le ventre se serre.
La poitrine s’ouvre ou se ferme.
Nous avons envie de nous rapprocher ou de prendre un peu de distance.
Nous nous sentons plus libres ou, au contraire, nous nous surveillons davantage.
Cela ne signifie pas que tout ressenti dit nécessairement la vérité sur l’autre.
Notre histoire, nos peurs, nos blessures et nos habitudes relationnelles participent aussi à ce que nous ressentons.
C’est précisément pour cela que le discernement est important.
Il ne s’agit pas de penser : « Je ressens quelque chose, donc j’ai forcément raison. »
Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître : « Voilà ce qui se passe en moi lorsque je suis en relation avec cette personne. »
Et c’est déjà une information précieuse.
Quand nous ne pouvons plus recevoir ce que l’autre nous donne
Je me souviens d’un couple reçu en consultation.
La femme disait ne pas se sentir aimée.
Son mari, lui, lui répétait qu’il l’aimait profondément.
Je les ai installés face à face, à quelques mètres l’un de l’autre, puis j’ai demandé au mari de ne rien expliquer. Simplement de revenir quelques instants à l’amour qu’il ressentait pour sa femme.
Pendant qu’il faisait cela, j’avais la sensation très nette que quelque chose venait vers elle, mais qu’elle restait extrêmement fermée.
Je lui ai demandé :
— Quand vos enfants vous prennent dans leurs bras, sentez-vous leur amour ?
Elle m’a répondu :
— Non. Je ne ressens rien.
Nous avons alors parlé de cette protection qu’elle avait construite autour d’elle.
Elle en avait parfaitement conscience.
Cette protection avait probablement eu une fonction importante dans son histoire. Il n’était donc pas question de lui demander de la supprimer.
Mais nous avons exploré ensemble une autre possibilité : pouvait-elle l’assouplir quelques instants, dans cet espace où elle se sentait suffisamment en sécurité ?
Elle a accepté.
Et son expérience de la relation a changé.
Ce qui m’intéresse dans cette histoire n’est pas de savoir qui avait « raison ». Son mari pouvait sincèrement l’aimer. Elle pouvait sincèrement ne pas parvenir à le ressentir.
Les deux réalités pouvaient coexister.
C’est aussi cela, la communication énergétique : comprendre que ce qui est émis, ce qui est reçu et ce qui peut circuler entre deux personnes ne sont pas toujours la même chose.
Mieux communiquer ne signifie pas être ouvert à tout
Pendant longtemps, dans les approches énergétiques, on a beaucoup valorisé l’ouverture : ouvrir son cœur, se connecter, ressentir davantage.
Je suis aujourd’hui beaucoup plus nuancée.
Une relation juste demande parfois de s’ouvrir.
Mais parfois, elle demande au contraire de revenir à soi.
De retrouver son axe.
De sentir ses limites.
De ne pas absorber ce que l’autre traverse.
De ne pas confondre empathie et fusion.
De pouvoir aimer quelqu’un sans vivre ce qu’il vit à sa place.
La communication énergétique ne consiste donc pas, pour moi, à être connecté en permanence. Elle consiste plutôt à devenir plus conscient de la manière dont nous entrons en relation.
À quoi cela peut-il servir ?
Mieux comprendre cette dimension de la relation peut aider à :
reconnaître plus rapidement ce que l’on ressent en présence de quelqu’un ;
différencier ce qui nous appartient de ce que la relation fait émerger ;
développer une empathie qui ne nous oblige pas à nous perdre dans l’autre ;
sentir lorsqu’une relation nous ouvre ou nous contracte ;
poser plus clairement nos limites ;
nous protéger sans forcément ériger des murs ;
retrouver notre propre présence lorsque nous avons tendance à devenir une « éponge émotionnelle » ;
comprendre pourquoi certaines relations sont fluides et d’autres beaucoup plus fatigantes ;
choisir davantage quand rester dans notre espace personnel et quand entrer plus profondément en lien.
Mais cela demande une chose essentielle : revenir régulièrement à soi.
Parce que plus je suis capable de sentir ce qui se passe en moi, plus je peux rencontrer l’autre sans tout mélanger.
La relation commence par la présence
Après toutes ces années de travail autour de l’énergétique, c’est peut-être ce que je trouve aujourd’hui le plus important.
La communication énergétique n’est pas une technique destinée à deviner ce que pensent les autres.
Elle n’est pas non plus une invitation à interpréter chaque sensation.
Elle est d’abord une manière d’être plus attentif à ce qui se passe réellement dans une relation.
Qu’est-ce que mon corps me montre ?
Est-ce que je peux rester moi-même en présence de cette personne ?
Est-ce que je me sens obligé de m’adapter ?
Est-ce que je me ferme ?
Est-ce que quelque chose peut circuler entre nous tout en me laissant à ma place ?
C’est là que la communication devient beaucoup plus fine. Et parfois beaucoup plus simple. Parce qu’avant de chercher les bons mots, nous pouvons commencer par regarder comment nous sommes là, l’un avec l’autre.
Pour aller plus loin
J’explore cette manière de comprendre la relation dans mon livre L’Art de la communication énergétique, paru aux éditions Eyrolles.
J’anime également le stage La Communication énergétique – Comprendre et ajuster la relation, au-delà des mots, pour expérimenter concrètement la présence, la perception, les limites, la résonance et ce qui circule dans une relation.
Tu peux également explorer "les méditations pour mieux vivre tes relations."

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Méta-description : Qu’est-ce que la communication énergétique ? Découvrez comment la présence, le corps, le ressenti et nos limites influencent nos relations.
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