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Crise d’angoisse : 3 repères pour retrouver un peu de stabilité

9 janv. 2023
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept.


L’angoisse peut arriver très vite.


Le cœur accélère.

La respiration devient plus courte.

Le corps se tend.

Une sensation de danger apparaît.

Et le mental s’en mêle immédiatement :

Qu’est-ce qui m’arrive ? Est-ce que ça va s’arrêter ? Et si je perdais le contrôle ?


Dans ces moments-là, chercher à comprendre immédiatement pourquoi nous sommes angoissés n’est pas toujours ce qui aide le plus. Il peut être plus utile de commencer par quelque chose de très concret : aider le corps à retrouver un peu de stabilité.


Voici trois repères simples.

Ils ne remplacent pas un accompagnement lorsque l’angoisse devient fréquente ou envahissante. Mais ils peuvent aider à traverser un moment où elle monte.


1. Revenir doucement à la respiration

Lorsque nous sommes très anxieux, notre respiration peut devenir rapide, courte ou irrégulière.


Et lorsque nous sentons que nous respirons mal, nous pouvons nous inquiéter encore davantage.

Une boucle se crée.


La première chose n’est donc pas de chercher à respirer « parfaitement ». Encore moins de prendre de grandes inspirations forcées.


Commence simplement par sentir que l’air entre et sort.


Tu peux poser une main sur ton ventre si cela t’aide.


Puis laisser progressivement la respiration descendre un peu plus bas, sans la pousser.


Inspire tranquillement.


Expire tranquillement.


Et surtout, laisse l’expiration se faire complètement.


Tu peux compter doucement si cela t’aide :

1… 2… 3… 4…

à l’inspiration,


puis :

1… 2… 3… 4…

à l’expiration.


Le chiffre importe peu.


Ce qui compte est de retrouver un rythme plus lent et confortable.


Si compter augmente ton inconfort, ne compte pas.


Reste simplement avec le mouvement de l’air.


Il ne s’agit pas de réussir un exercice.


Il s’agit de donner au corps un peu moins de raisons de s’alarmer.


Si tu accompagnes quelqu’un qui traverse une crise d’angoisse

Ta propre présence compte beaucoup.


Parle lentement.


Évite de multiplier les consignes.


Tu peux simplement proposer :

« Je reste avec toi. Essaie de respirer tranquillement avec moi. »


Et respirer toi-même lentement.


Il n’est pas nécessaire de convaincre la personne qu’elle ne devrait pas avoir peur.


Elle a peur.


Ce qui peut l’aider, c’est de sentir qu’elle n’est pas seule et qu’il existe autour d’elle quelque chose de suffisamment stable.


2. Revenir à ce qui est réellement là

Quand l’angoisse monte, l’attention se resserre.


Nous ne sentons bientôt plus que :

le cœur qui bat,

la respiration,

la peur,

les pensées qui annoncent le pire.


Tout le reste disparaît presque du champ de conscience.


Alors nous pouvons doucement élargir à nouveau.


Regarde autour de toi.


Sans chercher à te distraire à tout prix.


Simplement pour rappeler à ton cerveau et à ton corps qu’il existe aussi un environnement autour de ce que tu ressens.


Tu peux repérer :


trois choses que tu vois ;


deux sons que tu entends ;


le contact de tes pieds avec le sol ;


ton dos contre une chaise ;


la température de l’air sur ton visage.


Tu peux également poser tes pieds fermement au sol et sentir leur appui.


Je suis ici.


Pas dans ce que mon mental imagine dans cinq minutes.


Ici.


Maintenant.


Avec un sol sous mes pieds.


Un corps.


Un environnement.


Une respiration.


Cela ne fait pas nécessairement disparaître l’angoisse immédiatement.


Mais l’angoisse n’occupe plus tout l’espace.


Ne pas lutter contre ce que l’on ressent

Nous faisons souvent quelque chose de très humain lorsque l’angoisse apparaît : nous voulons qu’elle parte.


Tout de suite.


Il faut que ça s’arrête.


Je ne veux pas ressentir ça.


Je dois me calmer.


Et parfois, cette lutte ajoute encore de la tension.


Il peut être étonnamment aidant de reconnaître simplement :


« Là, je suis très angoissée. »


Pas : « C’est formidable d’être angoissée. »


Ni : « Je dois accepter cela pour toujours. »


Simplement :

« C’est ce qui se passe en moi maintenant. »


Quelque chose cesse alors de lutter contre la réalité du moment.


Et cela laisse davantage d’espace pour s’occuper de soi.


3. Quand le calme revient, écouter ce qui demande de l’attention

Pendant une forte montée d’angoisse, ce n’est généralement pas le meilleur moment pour analyser toute sa vie.


D’abord, retrouver suffisamment de stabilité.


Puis, plus tard, nous pouvons devenir curieux.


Qu’est-ce qui s’est passé avant que l’angoisse monte ?

Une pensée ?

Une conversation ?

Une accumulation de fatigue ?

Une période de tension ?

Une peur précise ?

Ou parfois rien d’évident.


Nous n’avons pas toujours besoin de trouver immédiatement une cause.


Mais lorsque l’angoisse revient régulièrement, il peut être utile d’observer les circonstances dans lesquelles elle apparaît.


Parce qu’une crise ne se résume pas forcément à ce qui se passe pendant ces quelques minutes.


Il peut y avoir derrière elle une période où le corps et le mental sont restés longtemps en tension.


Et lorsque le mental commence à raconter le pire

L’angoisse adore l’anticipation.


Et si cela recommence ?

Et si cela m’arrive lorsque je suis seule ?

Et si je fais un malaise ?


Une expérience difficile peut ainsi continuer bien après qu’elle soit terminée, simplement parce que nous avons peur qu’elle revienne.


Là encore, il peut être utile de distinguer :

ce qui est en train de se passer maintenant

de

ce que mon mental imagine pour plus tard.


Je peux avoir peur qu’une nouvelle crise survienne.


Mais cette peur est aujourd’hui une pensée sur le futur.


Je peux la reconnaître sans devoir immédiatement la suivre.


L’angoisse n’a pas toujours besoin d’être affrontée seul

Si les crises se répètent, si tu commences à éviter certains lieux ou certaines situations par peur qu’elles reviennent, ou si l’angoisse prend beaucoup de place dans ta vie, il est important de ne pas rester seul avec cela.


Un médecin ou un professionnel de santé peut d’abord vérifier que les symptômes ne sont pas liés à une autre cause.


Un accompagnement psychologique peut également aider à comprendre les mécanismes de l’anxiété et à diminuer progressivement la peur des crises.


Demander de l’aide ne signifie pas que tu n’as pas réussi à gérer seul. Cela signifie simplement que certaines difficultés gagnent à être accompagnées.


Et si des symptômes physiques sont nouveaux, inhabituels ou particulièrement intenses — notamment une douleur thoracique importante ou une difficulté respiratoire sévère — il ne faut pas conclure soi-même qu’il s’agit nécessairement d’angoisse.


Tu peux t'entraîner en dehors des moments d’angoisse

Il est beaucoup plus facile de retrouver un appui lorsque nous le connaissons déjà.


Tu peux donc pratiquer régulièrement, même lorsque tout va bien :


quelques minutes de respiration consciente ;


sentir tes pieds et ton bassin ;


revenir aux sensations du corps ;


observer une pensée sans la suivre immédiatement ;


repérer ce qui t’aide à retrouver un sentiment de sécurité.


Le but n’est pas de vivre en permanence en te préparant à une prochaine crise.


Au contraire.


Il s’agit de développer des chemins familiers vers lesquels ton corps et ton attention pourront revenir lorsque tu en auras besoin.


Trois repères à retenir

Lorsque l’angoisse monte :


ralentis doucement la respiration ;


reviens au corps et à ce qui t’entoure ;


et, une fois le moment traversé, écoute ce qui mérite d’être compris ou accompagné.


Pas pour lutter contre toi. Pas pour exiger que l’angoisse disparaisse immédiatement.


Mais pour retrouver progressivement suffisamment de stabilité pour ne plus être entièrement emporté par elle.


Pour aller plus loin

Si la respiration t’aide à retrouver du calme, tu peux explorer les Méditations pour respirer en conscience.


Si tu as besoin de revenir davantage au corps et à une base stable, tu peux aller vers les Méditations pour s’ancrer et retrouver sa stabilité.


Et si tu souhaites mieux reconnaître ce que tes émotions viennent exprimer, tu peux découvrir les Méditations pour accueillir et comprendre ses émotions.










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