Pourquoi nous fuyons ce que nous ressentons ?
- 6 mai
- 3 min de lecture
Rester… ou se retirer ?
Une autre approche de la présence
Il y a quelques jours, je me suis retrouvée dans une conversation un peu désagréable.
Rien de grave vraiment : je m'y ennuyais.
Et, presque sans m’en rendre compte, quelque chose en moi a commencé à partir. Mon attention s’est déplacée. Je me suis mise à penser à autre chose. À imaginer la suite de ma journée.
À quitter, doucement, ce qui était en train de se vivre.
C’est très discret.
Mais c’est presque automatique.
Et là, quelque chose m’est apparu avec évidence : nous ne savons pas rester présent.
Fuir… sans s’en rendre compte
Dès qu’une sensation devient inconfortable, quelque chose en nous cherche à s’éloigner.
Parfois, c’est évident : on s’occupe, on parle, on change de sujet.
Mais souvent, c’est plus subtil.
On part dans la tête. On analyse. On pense à autre chose.
Ce n’est pas une erreur.
C’est un réflexe.
Le corps essaie d’éviter une sensation perçue comme désagréable.
Mais à force de fuir, quelque chose s’installe. Une agitation de fond, une fatigue, une impression de ne jamais être vraiment là.
Ce que la présence change
On parle souvent de présence comme d’un état calme, paisible.
Mais ce n’est pas toujours cela.
La présence, c’est plus simple que ça : c’est la capacité à rester.
Rester avec une sensation.
Rester avec une émotion.
Rester dans une situation.
Sans fuir. Sans se crisper. Sans chercher immédiatement à changer ce qui est là.
Et quand on reste…
quelque chose se passe.
Le corps commence à se réguler. La tension se transforme. L’énergie circule à nouveau.
Pas parce qu’on a fait quelque chose. Mais parce qu’on a arrêté de partir.
Pourquoi c’est essentiel
Tant que l’on fuit, même subtilement :
le mental reste actif
le corps reste en tension
le système nerveux ne peut pas se poser
On peut chercher à comprendre, à analyser, à résoudre…
Mais tant que le corps n’est pas rejoint, la transformation reste limitée.
Rester, c’est différent.
C’est dire au corps : “tu peux être là”
Même si ce n’est pas confortable. Même si ce n’est pas parfait.
Et peu à peu, quelque chose s’apaise.
Pas par effort. Mais parce que la vie peut circuler à nouveau.
Comment commencer
Il n’y a rien de compliqué.
Mais cela demande de la simplicité.
👉 Remarquer quand tu pars dans une conversation, une émotion, une sensation.
👉 Revenir doucement dans le corps : sentir les pieds, le bassin, la respiration. (Tu peux t’appuyer sur la méditation Se déposer dans le bassin pour cela.)
👉 Rester quelques secondes de plus. Sans analyser. Sans chercher à faire disparaître.
C’est très simple. Et c’est déjà beaucoup.
Lors de cette conversation ennuyeuse, quand j'ai pris conscience que j'étais partie dans mes pensées et que mon corps était tendue, je suis juste revenue.
Là où j'étais. Assise sur la chaise. À ma respiration, à ce que je sentais, l'ambiance autour, la présence des personnes...
Je me suis mise à écouter différemment. Au-delà des mots prononcés.
La présence est une ouverture.
Elle ne consiste pas à se crisper sur quelque chose.
L’attention peut s’ouvrir, devenir plus vaste, changer naturellement d’appui…
Et pourtant, nous pouvons rester là.
Présents à ce qui se vit.
Une autre manière de vivre
Peut-être que la présence n’est pas un état à atteindre.
Peut-être que c’est simplement cela : ne plus partir. Être là.
Pas parfaitement. Pas tout le temps.
Mais un peu plus souvent.
Et dans ces moments-là, la vie redevient plus simple, plus vivante.
Pour aller plus loin
Tu peux accompagner cela avec la méditation : La puissance de la présence
Ou simplement revenir, plusieurs fois dans la journée, à ce geste très simple : rester.
Et observer : "est-ce que quelque chose change quand je ne fuis plus ?"
Si tu ressens le besoin d’un cadre plus progressif, tu peux suivre le parcours de méditation : Retrouver son calme intérieur – apaiser le système nerveux
Ou si tu ressens l'envie d'être plus accompagné.e, suis l'atelier "Retrouver son calme profond"




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