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Nos relations sont-elles des miroirs ? Ce qu’elles peuvent nous apprendre sur nous

10 sept.
7 min de lecture

Il y a des rencontres qui nous font du bien.

Et puis il y en a d’autres qui nous remuent beaucoup plus.


Une personne nous agace profondément. Une autre nous impressionne. Nous nous sentons tout petits devant quelqu’un. Ou au contraire immédiatement en confiance.


Parfois, nous savons très bien pourquoi. Et parfois pas du tout.


Pendant longtemps, j’ai beaucoup utilisé l’idée des miroirs relationnels. Elle m’a personnellement aidée à grandir.

Elle m’a appris quelque chose qui me semble toujours très précieux aujourd’hui : ce que je vis dans une relation ne me parle pas seulement de l’autre. Cela peut aussi m’apprendre quelque chose sur moi.


Mais avec les années, ma manière de comprendre ces miroirs s’est affinée.


Je ne crois plus que tout ce qui m’agace chez l’autre soit forcément quelque chose que je refuse de voir en moi.

Je ne crois pas non plus que chaque personne rencontrée soit là pour me délivrer un message.


En revanche, je crois profondément qu’une relation peut devenir un formidable espace de connaissance de soi. À condition de ne pas transformer le miroir en règle absolue.


Ce que l’autre provoque en moi peut m’apprendre quelque chose

Imaginons quelqu’un qui me parle d’une manière qui me met immédiatement en colère.


Je peux rester uniquement centrée sur lui et me dire ; "Il est insupportable. Il ne respecte rien." Ou encore, "Je ne peux pas le supporter.


Et parfois, ce constat sera parfaitement juste.


Mais je peux aussi aller un peu plus loin.


Qu’est-ce qui me touche autant ?

Est-ce que je me sens méprisée ? Envahie ? Pas entendue ? Remise à une place que je ne veux plus occuper ?


La colère reste peut-être légitime. Simplement, elle devient aussi une porte d’entrée vers moi. Elle m’aide à comprendre ce qui compte, ce qui est sensible, ce que je ne veux plus accepter ou ce que je n’arrive pas encore à exprimer.


C’est cela que j’aime dans l’idée du miroir. Elle ne consiste pas à dire :

« Si cela me dérange chez lui, c’est que je suis pareille. »


Elle invite plutôt à demander :

« Pourquoi cela me touche-t-il autant, moi ? »


Et cette question peut nous emmener très loin.


Premier miroir : ce qui me touche

Certaines relations réveillent très vite une émotion. De la peur.De la tristesse. De la colère. De la honte. Une sensation d’abandon. Ou le sentiment de ne pas compter.


Il est facile alors de croire que l’autre crée tout cela en nous.


Mais ce n’est pas toujours aussi simple.


Quelque chose dans la relation actuelle peut rencontrer une histoire plus ancienne.

Une parole anodine pour quelqu’un d’autre peut me bouleverser.

Une distance momentanée peut réveiller chez moi une peur très profonde.

Un refus peut prendre des proportions considérables.


Cela ne signifie pas que mon émotion est fausse. Elle est réelle.


Mais sa force peut m’indiquer qu’elle parle peut-être de plusieurs choses à la fois : de ce qui se passe maintenant, et de quelque chose qui était déjà là.


Alors je peux me demander : Qu’est-ce que cette situation vient toucher en moi ?

Non pour analyser sans fin. Mais pour mieux comprendre ce que je suis en train de vivre.


Deuxième miroir : ce que je juge

C’est probablement celui qui m’a le plus fait travailler.

Nous jugeons tous.

Même lorsque nous aimerions être parfaitement ouverts et tolérants.

Qui n'a jamais pensé ; Il est égoïste. Elle se met toujours en avant. Il ne pense qu’à lui. Elle est trop autoritaire. Il est complètement irresponsable.


Nos jugements sont parfois très rapides.


Et là encore, ils peuvent devenir intéressants si nous ne les prenons pas immédiatement pour une vérité définitive.


Je peux me demander :

Qu’est-ce qui est si important pour moi dans ce que je suis en train de juger ?


Si je juge quelqu’un d’égoïste, peut-être que le partage est une valeur essentielle pour moi.

Peut-être aussi que je donne beaucoup trop et que je ne m’autorise jamais à penser à moi.

Si une personne qui ose prendre toute sa place m’agace profondément, peut-être qu’elle dépasse réellement certaines limites. Mais peut-être aussi qu’une partie de moi aimerait savoir prendre davantage la mienne.


Les deux peuvent être vrais.


C’est là que le miroir devient subtil.

Il ne dit pas :

« Ce que tu juges chez l’autre, tu l’es forcément toi-même. »

Il dit :

« Ton jugement peut t’apprendre quelque chose sur tes valeurs, tes limites, tes interdits ou ton histoire. »


Et cela change beaucoup de choses.


Troisième miroir : ce que j’admire

Nous avons tendance à utiliser les miroirs surtout lorsque quelque chose ne va pas. Pourtant, l’admiration est elle aussi extrêmement instructive.


Pourquoi cette personne me touche-t-elle autant ?


Qu’est-ce que j’aime chez elle ? Sa liberté ? Sa douceur ? Son audace ? Sa stabilité ? Sa créativité ? Sa façon de ne pas s’excuser d’exister ?


Il ne s’agit pas forcément de se raconter : « Si je l’admire, c’est que je possède exactement la même qualité. »

Peut-être.

Mais ce que j’admire peut surtout me montrer une direction.

Quelque chose auquel j’aspire.

Une manière d’être que j’aimerais développer.

Une partie de moi que j’ai peu laissée vivre jusqu’ici.

L’autre devient alors moins un modèle à copier qu’un révélateur de quelque chose qui m’appelle.

Et je peux demander : Qu’est-ce que cette personne me donne envie d’autoriser davantage dans ma propre vie ?

Cette question-là peut être très féconde.


Mais attention : tout ne parle pas de moi

C’est probablement le point sur lequel ma compréhension a le plus évolué.

Dans certaines approches du développement personnel, on finit parfois par entendre :

« Si tu rencontres toujours ce genre de personne, regarde ce que cela dit de toi. »

Ou :

« Si son comportement t’agace, c’est que tu as la même chose en toi. »


Cela peut devenir terriblement réducteur.

Parfois quelqu’un dépasse réellement une limite.

Parfois une relation n’est simplement pas bonne pour nous.

Parfois notre malaise n’est pas une blessure à dépasser : c’est une information à écouter.


Tout ramener à soi peut même finir par nous empêcher de voir clairement ce que l’autre fait.

Le miroir ne doit donc jamais supprimer le discernement.


Je peux regarder ce qui se passe en moi et observer lucidement ce qui se passe dans la relation.

Ce n’est pas : lui ou moi.

C’est : lui, moi, et ce qui se crée entre nous.


Une relation ne montre pas seulement qui je suis

Elle peut également montrer qui je deviens lorsque je suis avec quelqu’un. Et cette question me semble aujourd’hui essentielle.


Avec certaines personnes, je me sens libre.

Avec d’autres, je commence à surveiller chacun de mes mots.

Avec certaines, j’ose dire non.

Avec d’autres, je redeviens immédiatement celle qui s’adapte.

Avec certaines, je me sens vivante.

Avec d’autres, quelque chose en moi se rétrécit.


Cela ne signifie pas automatiquement que l’autre est « bon » ou « mauvais ».

Mais cela mérite d’être regardé.


Qui suis-je lorsque je suis dans cette relation ?

Est-ce que je peux rester moi-même ?

Est-ce que je garde ma place ?

Est-ce que je respire ?

Est-ce que je me sens obligée de devenir quelqu’un d’autre pour maintenir le lien ?


Le miroir ne sert alors plus seulement à comprendre une blessure ancienne. Il devient un outil de discernement très concret.


Et parfois, nous découvrons quelque chose que nous ne voulions pas voir

C’est aussi pour cela que les miroirs m’ont aidée.

Parce qu’ils m’ont obligée parfois à déplacer mon regard.

À ne plus seulement me demander : Pourquoi cette personne fait-elle cela ?


Mais aussi :

Pourquoi est-ce que je reste ? Pourquoi est-ce que je n’ose pas parler ? Pourquoi ai-je tellement besoin qu’elle m’approuve ? Pourquoi est-ce que cette attitude m’atteint encore autant ?


Ces questions ne sont pas toujours confortables. Mais elles peuvent nous rendre beaucoup plus libres.

Parce qu’à partir du moment où quelque chose devient visible, nous ne sommes plus complètement condamnés à le répéter.


Utiliser le miroir sans se perdre dans l’analyse

Il n’est pas nécessaire de disséquer toutes nos relations. Nous pouvons simplement nous arrêter lorsqu’une réaction paraît particulièrement forte ou répétitive.

Et regarder.

Qu’est-ce que je ressens ?

Qu’est-ce que cette situation vient toucher ?

Qu’est-ce que je juge exactement ?

Quelle valeur ou quelle limite apparaît derrière ce jugement ?

Est-ce que cette relation me rappelle quelque chose que j’ai déjà vécu ?

Qu’est-ce que j’admire ou que j’envie chez cette personne ?

Et surtout : qu’est-ce que cela m’apprend sur moi aujourd’hui ?


Puis revenir au réel.

À ce qui se passe réellement.

À notre corps.

À ce que nous voulons accepter ou non.

À la place que nous souhaitons prendre.


Parce que comprendre n’est utile que si cela nous aide ensuite à vivre un peu plus justement.


Nos relations peuvent nous aider à nous rencontrer

Je crois toujours profondément à la richesse des miroirs.

Simplement, je ne les vois plus comme une loi.

Je les vois comme une possibilité de lecture.

Une manière de devenir curieux de ce qui se passe en nous plutôt que de rester uniquement dans l’accusation, la réaction ou l’incompréhension.

L’autre n’est pas toujours mon miroir.

Mais parfois, à travers ce que je ressens auprès de lui, je peux apercevoir quelque chose de moi que je n’avais pas encore vraiment vu.

Une peur.

Une limite.

Un besoin.

Une qualité.

Un désir.

Une ancienne manière de me protéger.

Ou peut-être simplement une part de moi qui cherche aujourd’hui à prendre davantage sa place.

Et lorsque cela devient visible, la relation a déjà accompli quelque chose.

Elle nous a permis de nous rencontrer un peu mieux.


Pour aller plus loin

Si tes relations te questionnent ou réveillent beaucoup de choses en toi, tu peux explorer les Méditations pour mieux vivre ses relations.

Et si ce que tu rencontres dans tes relations t’aide surtout à mieux comprendre qui tu es, ce dont tu as besoin ou la place que tu souhaites prendre, tu peux également découvrir les Méditations pour mieux se connaître et trouver sa place.








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