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Ce que le corps perçoit dans une relation avant que le mental ne comprenne

4 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 sept.


Il arrive que quelque chose en nous se tende avant même que nous sachions pourquoi.


Une conversation commence normalement.

La personne en face de nous n’a rien fait de particulier.

Et pourtant, notre respiration change.

Notre corps se resserre.

Nous avons envie de reculer légèrement.

Ou au contraire, quelque chose s’ouvre et nous nous sentons immédiatement plus tranquilles.

Puis le mental arrive :

Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ?

Est-ce que j’exagère ?

Je me fais peut-être des idées.

Cette personne n’a pourtant rien dit de mal.


Et peu à peu, nous pouvons finir par ne plus savoir quoi penser de ce que nous avons ressenti.


Le corps n’attend pas toujours que nous ayons compris


Nous accordons beaucoup de valeur à ce que nous pouvons expliquer.

Un ressenti, lui, est parfois beaucoup moins précis. Une gorge qui se serre, un ventre qui se noue, une sensation de recul, une fatigue soudaine. Ou à l'inverse, une impression d’espace, une respiration qui devient plus libre.


Rien de tout cela ne nous dit encore ce qui se passe.


Mais quelque chose s’est passé.

Et peut-être pouvons-nous commencer simplement par là. Sans conclure. Sans expliquer.S ans chercher tout de suite à avoir raison.


Observer.


Ressentir ne veut pas dire savoir

Si je me tends devant quelqu’un, cela ne signifie pas nécessairement que cette personne est mauvaise pour moi.


Peut-être que sa manière de parler me rappelle quelqu’un avec qui j’ai vécu une situation difficile. Mon corps réagit alors à une ressemblance, à une mémoire, pas forcément à ce qui se passe réellement ici.


Si je ressens une ouverture, cela ne signifie pas non plus que cette relation est juste.


Je peux, par exemple, me sentir immédiatement à l’aise avec quelqu’un parce que sa façon d’être m’est familière. Mais ce sentiment de familiarité ne me dit pas encore si cette relation sera bonne pour moi.


Le corps nous donne une information.

Pas une vérité définitive sur l’autre.


Ce que nous ressentons peut parler de la situation présente, mais aussi de notre histoire, de nos peurs, de nos habitudes, d’une ancienne blessure.


C’est pour cela que le discernement est si important.


Il ne s’agit ni de croire aveuglément chaque sensation, ni de la balayer parce qu’elle n’est pas rationnelle.


Peut-être pouvons-nous commencer par quelque chose de plus simple : ne plus invalider immédiatement ce que nous ressentons.


« En réalité, je le savais »

C’est une phrase que j’entends régulièrement en consultation.


« En réalité, je le savais. »


Quelque chose avait été perçu.

Pas forcément compris.

Pas forcément formulé.

Mais senti.


Puis il y a eu toutes les raisons de ne pas l’écouter.

Je juge trop vite.

Il faut lui laisser une chance.

Je suis certainement trop sensible.

Je dois me tromper.

Ce n’est pas très gentil de penser cela.


Et ce que le corps avait indiqué finit par être recouvert.


Une personne que j’appellerai Madeleine ne se fie presque plus à ses ressentis.

Dans sa vie, une même situation semble se répéter : elle rencontre quelqu’un, une amitié se crée, puis un jour, sans qu’elle comprenne vraiment pourquoi, la personne se détourne d’elle.

En en parlant, Madeleine reconnaît pourtant quelque chose.

À chaque fois, bien avant que la relation ne se dégrade, elle avait ressenti un léger décalage. Une sensation intérieure, difficile à expliquer, comme si quelque chose en elle ne croyait pas tout à fait à ce que l’autre lui disait.

Mais elle n’en avait pas tenu compte.

Elle avait préféré se dire qu’elle se faisait des idées, qu’elle jugeait trop vite, qu’il n’y avait aucune raison de se méfier.

Ce qui m’intéresse ici n’est pas de dire que son ressenti avait forcément raison.

C’est de voir qu’il était là.

Et qu’avant même de chercher à savoir ce qu’il signifiait, elle avait appris à ne plus l’écouter.



La communication énergétique commence souvent ici

Pour moi, la communication énergétique ne consiste pas à deviner ce que pense l’autre.

Ni à chercher une explication cachée derrière chaque sensation.

Elle commence beaucoup plus simplement.


Que se passe-t-il en moi lorsque je suis en relation avec cette personne ?

Est-ce que je respire encore ?

Est-ce que je reste présent à moi-même ?

Est-ce que quelque chose se contracte ?

Suis-je en train de me rapprocher alors qu’une partie de moi cherche à prendre de la distance ?

Est-ce que je ressens quelque chose… puis est-ce que je m’empresse de l’expliquer pour ne plus avoir à le sentir ?


Ce sont parfois de toutes petites choses. Mais elles peuvent devenir des repères.


Revenir à ce qui est là

Nous n’avons pas toujours besoin de savoir immédiatement pourquoi quelque chose se passe.

Nous pouvons sentir une tension sans décider ce qu’elle signifie.

Nous pouvons percevoir une ouverture sans nous précipiter vers elle.

Nous pouvons laisser une sensation exister quelques instants avant de demander au mental de nous raconter son histoire.

C’est souvent là que quelque chose devient plus clair.

Non parce que nous avons davantage analysé.

Mais parce que nous avons cessé, un instant, de nous couper de ce que nous ressentions déjà.


Aller plus loin

J’ai développé cette approche dans mon livre L’Art de la communication énergétique. Le livre permet de comprendre, de mettre des mots, d’expérimenter seul.


Mais certaines choses passent plus facilement en les vivant. Observer ce qui change lorsqu’une personne s’approche. Lorsqu’elle se place autrement. Lorsqu’une relation se crée. Et apprendre à sentir sans immédiatement interpréter.


C’est ce que nous explorerons également lors du stage Communication énergétique, les 26 et 27 septembre à Argenton-sur-Creuse.


Que vous ayez lu le livre ou non, le point de départ reste le même : revenir à ce qui se passe réellement en soi.




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