top of page

Qu'est-ce qu'un maître Reiki aujourd'hui ?

  • 12 août
  • 4 min de lecture


Quand j’ai commencé le Reiki, il y a plus de trente ans, devenir Maître Reiki représentait forcément quelque chose pour moi.


Bien sûr, il y avait un niveau, une transmission, la possibilité à son tour d’initier et d’enseigner.


Mais il y avait aussi cette idée, très présente à l’époque : trouver le maître en soi.


Cela me parlait profondément.

Non pas devenir quelqu’un au-dessus des autres, mais chercher en soi un point plus stable, plus juste, moins dépendant du regard extérieur.


Je crois toujours à cela.


Mais avec les années, cette idée a changé de forme.


Aujourd’hui, si je devais dire ce qui fait pour moi un Maître Reiki, je parlerais moins de ce qu’il atteint que de la manière dont il se tient. De posture intérieure en fait.



De moins en moins de choses à faire


C’est peut-être l’un des changements les plus importants dans ma propre pratique.Avec les années, je me suis aperçue que j’avais finalement très peu à faire.


Cela peut sembler étrange. Lorsqu’on apprend, on apprend justement à faire : poser les mains, utiliser les symboles, réaliser un traitement à distance, préparer une initiation, accompagner une personne...

Et tout cela est nécessaire.


Puis, peu à peu, autre chose devient possible.


On connaît suffisamment la pratique pour ne plus avoir besoin de s’y accrocher.


On peut cesser de se demander constamment :

Est-ce que je fais bien ? Est-ce que je ressens suffisamment ? Qu’est-ce que cette personne a ?De quoi a-t-elle besoin ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant ?


Ces questions ne sont pas mauvaises. Le mental cherche à comprendre et parfois il nous aide réellement. Mais il peut aussi finir par prendre toute la place.


J’ai commencé à observer autrement ce qui se passait lorsque je cessais de vouloir intervenir.

Je pouvais rester là.

Présente.

Stable.

Et laisser l’énergie agir sans essayer de lui indiquer le chemin.


Un Maître Reiki n’est pas celui qui sait


C’est peut-être là que ma vision du Maître Reiki a le plus changé.


Être Maître ne signifie pas devenir celui qui sait.

Et encore moins celui qui sait pour l’autre.


Un élève peut me poser une question à laquelle je n’ai pas immédiatement de réponse.


Autrefois, j’aurais peut-être davantage cherché. Fouillé dans ce que je connaissais. Essayé de construire une réponse.


Aujourd’hui, je peux dire :

Je ne sais pas.

Et attendre.

Il y a alors un silence.

Parfois une réponse apparaît. Pas comme une grande intuition extraordinaire. Quelque chose devient simplement clair.

Parfois, rien ne vient.


Je peux demander à la personne de reformuler sa question. Je peux lui poser une autre question. Ou reconnaître que je n’ai pas la réponse.

Ce silence n’est pas un vide qu’il faudrait remplir.

Il est devenu un appui.


Ne pas savoir n’enlève rien à la transmission


Il faut peut-être une certaine sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin de répondre à tout.


Lorsque nous enseignons, il est facile de confondre notre responsabilité avec l’obligation de savoir.

Pourtant, je crois que notre responsabilité est peut-être ailleurs :


Être suffisamment stable pour ne pas inventer une réponse.

Ne pas imposer notre interprétation.

Ne pas utiliser notre place d’enseignant pour devenir une autorité sur l’expérience de l’autre.

Et rester disponible à ce qui est réellement là.


Dire « je ne sais pas » peut alors devenir un acte de maturité.


Le corps aide à retrouver cette place


Lorsque le mental s’agite, j’aime revenir à quelque chose de beaucoup plus simple.

Le corps.

Est-ce que ça respire ?

Est-ce que quelque chose s’ouvre ?

Ou est-ce que je sens que je me crispe, que je cherche, que je veux obtenir quelque chose ?


Ce sont des repères très simples. Ils ne donnent pas toutes les réponses. Mais ils me permettent de voir lorsque je quitte ma place.


Pendant un soin, par exemple, je peux avoir envie d’aider davantage parce que je sens que la personne traverse quelque chose de difficile. Cette intention peut sembler généreuse. Et pourtant, à cet instant, je sais que je suis déjà être en train de quitter la présence pour entrer dans la volonté.

Je veux que quelque chose se passe.

Je veux soulager.

Je veux réussir mon soin.


Revenir au corps, aux mains, à mon axe me permet de lâcher cela.

La personne retrouve sa place.

Et moi la mienne.


Alors, que transforme vraiment le quatrième degré ?


Bien sûr, le quatrième degré transmet des pratiques, des symboles, une manière d’initier et d’enseigner. Mais ce n’est plus ce qui me semble le plus important aujourd’hui.


Le véritable travail commence peut-être lorsque nous n’avons plus besoin de prouver que nous sommes Maître Reiki.

Lorsque nous cessons de compenser nos doutes par davantage de savoir, davantage de gestes ou davantage d’intention.

Lorsque nous pouvons tenir un cadre sans le durcir.


Initier sans vouloir produire une expérience particulière.

Accompagner sans prendre la place.

Transmettre sans nous mettre au centre.

Être là quand quelque chose se passe.

Et être là aussi quand rien ne semble se passer.


Une posture qui continue à s’apprendre


Je suis Maître Reiki depuis longtemps et pourtant cette posture continue à évoluer.

C’est même probablement ce qui m’intéresse le plus aujourd’hui.

Non plus accumuler.

Mais affiner.

Observer les endroits où je veux encore intervenir, comprendre, aider, réussir.

Et revenir.

Aux mains.

Au corps.

À l’axe.

À la présence.


Peut-être que devenir Maître Reiki n’est finalement pas accéder à quelque chose de plus.

Peut-être est-ce apprendre, peu à peu, à rester là quand il n’y a plus rien à ajouter.


Femme faisant du Reiki

Pour aller plus loin

J’ai créé le Laboratoire des Maîtres Reiki pour prolonger ce travail de posture.


Une journée réservée aux personnes initiées au 4ᵉ degré, pour revenir à l’essence du Reiki, observer sa pratique, questionner ce que l’on fait déjà et apprendre à laisser davantage agir.


Prochaine journée : dimanche 7 février 2027 à Argenton-sur-Creuse.








Commentaires


Politique de confidentialité​

Mentions légales​

CGV (si existant)

bottom of page