Je ne me trahis plus : revenir à soi et trouver sa juste place
- il y a 3 jours
- 3 min de lecture
Ne pas se trahir, ce n’est pas être parfaite. C’est ne plus vivre à côté de soi.
Il y a eu un moment dans ma vie où je ne savais pas qui j’étais.
Je me souviens très bien d’avoir répété cette phrase :
“Comment voulez-vous que je sache ce que je veux faire, si je ne sais pas qui je suis ?”
J’étais au lycée.
Autour de moi, tout semblait déjà décidé. Les autres savaient comment s’habiller, comment séduire, comment se situer.
Moi, je regardais cela avec distance. Et surtout avec incompréhension.
Je n’ai jamais vraiment réussi à entrer dans ce monde-là : les apparences, le fait de se définir par ce que l’on montre, par ce que l’on possède, par ce que font nos parents.
Ça ne me parlait pas.
Je n’étais pas contre.
Je n’étais pas en révolte.
Je ne me reconnaissais simplement pas là-dedans.
Alors je lisais. Beaucoup.
Et j’étais seule.
Avec le recul, je pourrais dire que c’était difficile. Mais ce n’est pas ce que je ressens aujourd’hui.
Aujourd’hui, je ressens de la tendresse.
Et même de la fierté.
Parce que cette adolescente, sans le savoir, avait déjà quelque chose de très clair :
elle ne voulait pas se trahir.
Je ne savais pas encore qui j’étais.
Mais je sentais ce que je n’étais pas.
Et ça, c’est déjà une boussole.
Sentir ce qui n’est pas juste
Il y a eu ensuite d’autres étapes.
Des moments de doute.
Une forme de fatigue face à l’existence.
Puis des bascules.
Des ouvertures.
Des expériences qui ont élargi ma perception du monde.
Mais au fond, la ligne n’a jamais changé.
Elle s’est simplement affinée.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à être quelqu’un.
Je ne cherche plus à correspondre.
Je ne cherche plus à devenir.
Je vis.
Et quelque chose est devenu très simple :
je ne me trahis plus.
Ne plus vivre à côté de soi
Ça ne veut pas dire que tout est parfait.
Ça ne veut pas dire que je ne doute jamais, ou que je ne me trompe pas.
Ça veut dire que je ne vis plus à côté de moi.
Je n’accepte plus de me forcer.
De dire oui quand c’est non.
De rester là où ça ne respire pas.
J’ai besoin de justesse.
Et ça change tout.
Parce que se trahir, ce n’est pas forcément faire de grandes erreurs.
C’est souvent très discret.
Un petit renoncement.
Une adaptation de trop.
Un silence à la place d’une parole.
Un effort pour rester dans une forme qui ne nous correspond plus.
Et plus cela se répète, plus on s’éloigne de soi.
Revenir, encore et encore
Ne plus se trahir, ce n’est pas devenir dure.
Ce n’est pas tout refuser.
Ce n’est pas ne plus faire d’effort.
C’est sentir ce qui est juste.
C’est reconnaître les endroits où l’on se force.
C’est entendre le non avant qu’il devienne épuisement.
C’est respecter ce qui se ferme.
C’est suivre ce qui respire.
Ne plus se trahir, c’est revenir.
Encore et encore.
Ce n’est pas un état définitif.
C’est une attention.
Et peu à peu, quelque chose s’installe.
Une stabilité.
Souple.
Tranquille.
Aujourd’hui, je peux dire que je suis à ma place.
Pas parce que j’ai trouvé quelque chose à l’extérieur.
Mais parce que je me quitte de moins en moins.
Et c’est peut-être ça, au fond, le plus important :
pas devenir.
Pas réussir.
Pas comprendre.
Mais rester.
Et si tu revenais, toi aussi ?
Parfois, on ne sait pas encore qui l’on est.
Mais on peut déjà sentir ce qui n’est pas juste.
Et ça suffit pour commencer.
Sentir ce qui se ferme.
Sentir ce qui respire.
Sentir où la vie se retire.
Sentir où elle revient.
Ce n’est pas vraiment spectaculaire.
Mais c’est un vrai chemin.
Un chemin de retour à soi.
Pour accompagner ce retour à toi, tu peux écouter la méditation :
Ou simplement prendre un moment aujourd’hui pour te demander :
Où est-ce que je me force encore ?
Et qu’est-ce qui, en moi, demande à respirer ?




Commentaires