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Et si ralentir permettait de voir autrement ?

  • 29 juil.
  • 3 min de lecture

Marcher, toucher, respirer... Certains gestes du quotidien révèlent des sensations que nous ne percevons qu'en changeant notre rythme. Une invitation à expérimenter plutôt qu'à comprendre.



Je repensais récemment à deux exercices que j’avais faits il y a longtemps.


Dans le premier, il fallait marcher le plus lentement possible. Cela paraît simple. En réalité, pas tant que cela.


Quand on marche normalement, on ne remarque pas tout ce qui se passe. Mais dès que l’on ralentit vraiment, on sent ce petit moment de déséquilibre lorsque le poids du corps passe d’un pied sur l’autre.


Il y a un instant où l’on n’est plus tout à fait sur un pied, pas encore vraiment sur l’autre.

Le corps ajuste, cherche son équilibre.


Tout cela existe aussi lorsque l’on marche vite, bien sûr. Simplement, on ne le perçoit pas.



Le second exercice consistait à effleurer la peau de quelqu’un le plus lentement possible.

Là aussi, la sensation change complètement.


Pour la personne qui touche comme pour celle qui est touchée.


Le geste devient plus précis. On sent davantage la peau, sa chaleur, ses réactions, les endroits où quelque chose se détend ou se retient.



Je me suis demandé ce que ces deux exercices avaient en commun.

Au début, j’ai pensé qu’ils parlaient de lenteur.


Mais je ne suis pas quelqu’un de particulièrement lent.

Je marche plutôt vite. Je prends souvent mes décisions rapidement. Je peux agir sans avoir besoin de réfléchir pendant des jours.


En revanche, une compréhension seulement mentale ne me suffit pas.

Je peux saisir une idée très vite et avoir besoin de beaucoup plus de temps pour qu’elle devienne réelle en moi.


J’ai besoin de la rencontrer dans ma vie, de l’observer, de voir comment mon corps y réagit.


Parfois, quelque chose bourgeonne longtemps avant de fleurir.

Ce n’est pas de l’hésitation.

C’est simplement que comprendre et intégrer ne sont pas la même chose.


Peut-être est-ce cela que la lenteur permet parfois : non pas aller moins vite, mais sentir ce qui nous échappe lorsque tout s’enchaîne trop rapidement.


Je ne vois pas le même paysage lorsque je suis en voiture, à vélo ou à pied.


Et je ne vois pas non plus la même chose selon l’endroit où je pose mon attention.

On peut marcher lentement sans rien regarder.

On peut aussi avancer vite et être très présent.


La lenteur n’est donc pas une garantie.

Mais elle peut ouvrir un espace.

Elle peut nous permettre de sentir un mouvement du corps, une émotion qui apparaît, un silence dans une conversation, quelque chose qui commence à se transformer en nous.


C’est peut-être pour cela que certaines périodes de vacances nous font du bien.


Nous ne devenons pas forcément plus lents. Mais nous changeons un peu d’allure.


Et ce changement suffit parfois pour voir autrement ce qui était déjà là.



Et vous ?

Aujourd'hui, choisissez un geste que vous faites tous les jours : boire un verre d'eau, marcher, manger...

Faites-le deux fois plus lentement.


Il se pourrait que rien n'ait changé autour de vous. Et pourtant, quelque chose aura changé dans votre manière d'être présent.


Puis revenez me dire en commentaire ce que vous avez découvert.

J'aimerais beaucoup lire vos expériences.




 
 
 

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